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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 18:32

Concentrons-nous.

 

Fermons nos sens usuels.

Non, fermez plus fort. Prenez votre temps.

Non, sérieux, essayez.

Ouais, mettons que ça ira. Ouvrons notre esprit pour en percevoir de nouveaux. Non, faut ouvrir plus fort. Parce que là c'est l'épisode mystique alors faut y mettre un peu du vôtre, sinon vous allez galérer. Bon bref, disons que vous êtes balèze et que vous pouvez d'un claquement d'esprit vous trouver à la limite de votre conscience, mais pas du côté de l'inconscient, hein, précisément à l'opposé, là où tout est lumineux, limpide et évident. C'est pas évident justement donc imaginez, ou faîtes semblant. Bon.

Ca fera l'affaire.
Visualisons. Nos esprits sont au-dessus de la forêt étouffante. Pas physiquement, hein, le principe c'est qu'il n'y ait plus rien de physique. Plus de temps, plus d'espace. On ne pourrait pas vraiment ÊTRE au dessus de la forêt. Même, pour aller au bout du truc, on ne devrait même plus être capable de séparer les choses, on ne serait pas capable de dissocier ce qui est la forêt, de ce qui est nous, de ce qui est Bonhomme Poilu à La Tête Ronde, de ce qui est avant, après, ou maintenant. Nous serions juste une partie d'un Tout indissociable qui comprendrait l'espace-temps dans son intégralité, donc tout ce qui a été, est et sera, entre autres. À dire vrai, nous SERIONS le Tout autant qu'une partie de ce Tout. En fait nous SOMMES la forêt ET Bonhomme Poilu ET les MAJUSCULES DESAGREABLES. Nous sommes tout mais nous ne sommes rien tout en étant les deux à la fois et le moment et l'endroit où les deux se rejoignent.
Mais on va simplifier dans un soucis que sinon ya pas d'histoire et que c'était surtout pour mettre dans l'ambiance.
Donc nous flotillons spirituellement au dessus de l'esprit de la forêt étouffante, constitué des esprits de tout ce qui la peuple et la compose, et il s'avère que nous captons l'esprit d'une construction. Quelquepart entre les ramures. Nous voletons entre des masses d'eau condensées. Des nuages. Leurs esprits. Nous sentons l'humidité, mais vaguement, comme un souffle, une brise sans origine. Une caresse. Pure. Nous la traversons, appelés par la construction. La brise nous pousse, elle a saisi notre envie. Elle ne nous retient pas. Et nous guide. Elle sait nous être accueillante, mais nous pousse. Hors d'elle. Loin. Nous flottons.
La forêt.
Son esprit. Qui s'avère trouble en premier lieu, puis qui se fait plus vaste, plus imposant, plus clair. Nous frôlons des feuilles, des branches etherées. Limpide espace de temps végétal. Nous traversons une jungle obscure, faite de nos peurs primales. Nous les combattons, sereinement, car l'appel est fort et nous n'avons de barrière, nous n'avons de choix, nous n'avons de prière. Et soudainement, dans un plan hors du temps, la lumière.
Pure. Claire. Limpide.
Un espace fait de pierres.

 

"AAAHPUTAIN! CHIERBITECOUILLE!" La matérialité du temple venait à l'instant de se révéler à l'orteil de Bonhomme Poilu sous la forme d'un massif bloc de pierre habilement dissimulé sous la mousse.

Par une improbable invraissemblance du récit, il s'avéra que cette interjection bouleversa Le Coffre. Elle tomba lourdement dans son esprit et, raclant un peu de mousse mentale, mis au jour de lointains souvenirs qui s'élevèrent en volutes lumineuses et se mirent à vibrer. Il se sentit mal.

Bonhomme Poilu, non content de beugler de douleur, arrachait hargneusement les plantasses qui lui barraient la route en insultant leurs mères. Si bien qu'il découvrit, sous une pluie voltigeante de confettis verts, une ouverture creusée dans ce qui semblait être une paroie rocheuse grossièrement taillée. Il grogna un coup, agrippa une espèce de tête de serpent sculptée qui saillait et tira avec toute la force de sa détermination. Et comme il était très déterminé, il réussi à devenir tout rouge.

Il lâcha finalement prise mais se sentait terriblement frustré, comme si on lui coupait les fougères sous le pied. Il se calma donc en plantant ses dents dans une liane et essaya de recentrer son attention sur quelquechose de constructif. Il regarda autour de lui.

Le Coffre sentait croître en lui une bulle limpide et vibrante qui appuyait dangereusement sur sa raison. Et il savait, sans savoir comment, qu'à l'intérieur frayaient  ses frustrations, ses peurs, ses joies, ses pulsions, ses espoirs, ses hontes, son amour et tout un fatras complexe et grouillant du même acabit. Et il sentait confusément que tout cela cherchait à sortir, qu'il n'y pourrait rien, et aussi et surtout, qu'il ne le supporterait pas. Il y eu un instant de pause silencieuse, puis tout cela lui éclata dans la tête dans une grande farandole foutraque d'éjaculat mémoriel. En peu de temps, son esprit devint le théâtre d'un obscur bordel grummeleux et tourbillonant. Il avait besoin d'air, aussi, il prit l'air d'un fou.

Si la végétation était assez dense pour dissimuler un flanc de montagne à deux mètres, se dit Bonhomme Poilu, elle ferait l'affaire si jamais ils devaient se cacher de bestioles dotées de gros estomacs et de dents qui vont avec. Puis il se demanda combien d'estomacs y était déjà cachés, où menait ce foutu trou décoré avec des serpents et pourquoi Le Coffre tirait une telle tronche. Comme pour répondre, celui-ci sembla comprendre quelquechose et fonça dans l'ouverture en hurlant.

C'était la première fois, de souvenir de Bonhomme Poilu, que Le Coffre bougeait sans son autorisation -il me faut ici préciser dans un soucis d'honnêteté que les Bonhommes Poilus ne sont pas particulièrement connus pour la pertinence et l'efficacité de leur mémoire. Pour exemple, Bonhomme Poilu, à ce moment du récit, ne se rappellait pas pourquoi il avait une liane dans la bouche mais se souvenait très bien du nombre de fois où il avait déjà utilisé une spatule. La pénultième était d'ailleurs légèrement roussie à l'angle supérieur gauche. Quoiqu'il en soit, il sentait s'installer en lui le sentiment diffus mais tenace que tout virait en eau de boudin.

Il serra plus fort ses mâchoires et fut surpris d'assister à une jolie pluie de confettis de liane.

Il fit le point. Les hurlements de plus en plus lointains de Le Coffre, entroucoupés de bruits sourds de collisions, signifiaient qu'il s'enfonçait profondément sous la montagne et que l'obscurité ou la maladresse devait lui faire faire d'intéressantes rencontres matérielles. Au vu des circonstances Bonhomme Poilu pencha pour l'obscurité ET la maladresse.

Il décida de le suivre. Décision motivée en grande partie par le fait qu'il n'avait toujours pas de réponse à sa question concernant les estomacs et encore davantage par le fait qu'il ne voulait pas attendre d'en avoir une.

Il ordonna à La Torche de passer devant. Au moment où il ne reçu pas de réponse, il réalisa que La Torche était dans Le Coffre et qu'il lui faudrait faire le chemin dans le noir. Et seul.

Il fonça donc dans l'ouverture en hurlant et, pour les quelques estomacs alentours munis d'oreilles, interpréta une seconde symphonie pour coups sourds et hurlements.

 

(à s8vre...)

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 18:03
Un gros bestiau plein de muscles récurait sa bouche pleine de crocs avec une patte pleine de griffes, lourdement vautré dans un fourré plein de buissons plein de feuilles.
C'était un prédateur stupide et efficace, et pour l'heure, il trouvait le monde parfait.
Ses capacitées cognitives atrophiées, à peine supérieures à celles du militant UMP de base, lui donnaient l'agréable impression que tout était en place et en harmonie.
Sa pensée prenait la forme d'une douce bulle sucrée nimbée de lumière accordée en la et sentant la femelle.
Il ressentait régulièrement cette quiétude. À vrai dire à chaque fois qu'il avait le ventre plein et rond posé sur un tapis de verdure.
Toujours est-il qu'il fut quelque peu surpris quand une tâche de colère apparut sur sa bulle.
Et se mit à grossir.
Il frémit des poils et fronça ce qui pouvait l'être, agacé. Le vent, jusque-là pépère et moyen-tiède, vira, fraîchit et prit une longue aspiration, prêt à souffler.
Gros Bestiau s'agitait, tâchant vainement de retrouver la pureté de sa bulle. Sa colère se développa. Il se redressa et grogna. La forêt s'assombrit soudainement et il sentit une bourrasque chaude le happer telle une bulle, consumant les feuilles alentours. Ses poils roussirent et il rugit.
Colère apparut face à lui et sa pensée implosa, plongeant dans une haine sombre et trouble où s'enferma un hurlement qui l'étouffa. Il se tendit si soudainement et puissamment qu'il ne sentit pas ses muscles éclater avant de mourir. Immobilité observa la scène un cours instant pour faire bien et Gros Bestiau se revautra lourdement dans les feuilles.
Colère lui enleva la tête d'un geste nerveux pour bien montrer qu'elle n'était pas contente -même avec du sang partout- et repartit de son allure vive, traçant son sillon de désolation dans la forêt. Vent y faisait tournoyer les feuilles brûlées.
Immobilité regarda un moment la tête de Gros Bestiau reposant près de son corps sanguinolant. Elle continuait de roussir.

Boris Clo déambulait gaiement dans la demeure de son hôte, accompagnant ses envolées lyriques de mouvements hystériques des bras. Ses envolées avaient par ailleurs tendance à percuter murs, sols et plafonds et à rebondir ainsi à l'infini dans le sillage du brocolis, s'entremêlant jusqu'à former une masse mouvante de mots mous, une tumeur géante palpitante s'étirant plotchment derrière lui. Un éventuel spectateur phobique de chewing-gums machés géants gris-verdâtres qui bullent se sentirait sûrement mal et arrêterait de gober n'importe quel champignon un peu fluo. Ou commencerait.
Pénétrer le-dit chewing-gum sembla presque ralentir Son Hôte. Son sourire vacilla à peine quand il s'enfonça dans la masse à la suite de Boris Clo.

(...au suivant...)
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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 21:21
Ca ne manque pas, telle une quelconque Laura Ingalls, chaque soir, la nuit tombe.
Et elle prend soin de tout emporter dans sa chute.
Exception faite de quelques étoiles chétives et d'un croissant malingre qu'elle préfère laisser brilloter en l'air pour la mettre en valeur.

Loin en dessous, la lueur vacillante d'un feu sur le déclin tentait d'éclairer trois silhouettes accroupies s'affairant autour des restes crépitants d'une carcasse pleine de coudes.
"Faudraich p'têt qu'on r'foute du bois au feu, articula Le Coffre entre deux bouchées, hichtoire d'éloigner les bêtes chauvaches, tout cha...
Bonhomme Poilu scrutait soucieusement les fourrés alentours. Il jetta un coup d'oeil à son morceau de bidoche maigrelet.
-J'commence à m'demander si c'est pas une connerie d'avoir allumé un feu. Y a des bestioles du coin qui pourraient prendre ça comme une invitation.
-Ben... Le Coffre avala sa bouchée gloupement et agita nonchalament un os tout propre, d'un autre côté ça f'ra plus à becquetter, pasque c'est pas pour dire mais y avait que dalle à grailler sur c'te bestiau.
Bonhomme Poilu fronça les sourcils. Comme pour distinguer plus nettement une impression trouble qui flottait à la limite de sa conscience.
-Pis c'est plein de nerfs comme viande, c'est chiant à bouffer, ajouta La Torche Ou Un Truc.
-Mais t'vois, malgré tout, Le Coffre pris le ton de qui expose les conclusions d'une intense réflexion, moi j'dis, quand la croûte te fonce dessus comme ça, t'vois, c'est une question de respect, faut pas cracher d'ssus.
Bonhomme Poilu cracha dessus. Ca fit pssshit et des bulles.
Le Coffre et La Torche s'immobilisèrent, essayèrent très fort d'être ailleurs, et, à défaut de réussir, attendirent l'inéluctable suite des évènements.
-Ca fuyait.
Il se leva, laissant à sa remarque le temps de faire son petit effet.
-Et j'ai pas envie de savoir quoi. Prends les affaires, on se casse.
Le Coffre obéit silencieusement et fourra les deux-trois bricoles qui traînaient -dont La Torche- dans son... euh, ben... coffre.
Il s'enfoncèrent un peu plus loin dans la forêt, tandis que derrière eux, Le Feu tendait une main implorante dans leur direction avant de mourir dans une plainte crachotante.
Feu le feu.

Boris Clo avait une conversation avec son nouvel ami. Enfin, en tout cas, il lui parlait. Celui-ci se contentait d'afficher un sourire figé. Un sourire qui n'était pas la démonstration d'un contentement ni même d'une attention polie mais qui semblait simplement résulter d'une tension maîtrisée des muscles adéquats. Le sourire de qui n'a pas tout compris à la théorie mais a intensément travaillé la pratique.
Ou alors était-ce la forme naturelle de sa bouche?
Quoi qu'il en fût, ses lèvres étirées, tendues comme des cordes de violon, mettaient ses crocs luisants en valeur.
Boris était content, il avait rarement l'occasion de parler autant.
À quelqu'un, en tous cas.
Il lui arrivait souvent de parler tout seul, en général parce que son interlocuteur était occupé à fuir en hurlant à grands renforts de mouvements désordonnés des bras, et aussi des fois parce qu'il aimait bien se parler. Cela dit il avait tendance à ne pas s'écouter -à n'écouter personne, d'ailleurs-, tombait rarement d'accord avec lui même et finissait invariablement par s'engueuler. Il en était même une fois venu aux mains et, après que son arcade brocolière avait découvert un crochet du gauche intéressant qui mit fin au conflit, avait sérieusement songé à se venger le jour où il se tournerait le dos.
Pour lors, tandis qu'un flot désorganisé de mots s'écoulait de la bouche du brocolis violet et emplissait la chambre de son hôte avec une efficacité toute fluviale, rendant au passage un bruyant hommage en l'honneur des barrages écroulés, l'hôte en question le fixait intensément à travers ses opaques et luisantes lunettes de soleil tout en bouchant ses oreilles avec les coins tendus de ses lèvres.

(...)

ug_fck
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 16:47
Beaucoup de bestioles diverses et bariolées vivent dans la forêt étouffante.
En fait, il serait plus juste de dire que beaucoup de bestioles diverses et bariolées meurent dans la forêt étouffante. Mais, techniquement, avant, elles vivent. Parfois, elles brisent leur frêle coquille de faibles coups de bec maladroits, entrouvrent des yeux cligotant, englués par de l'espèce de blanc d'oeuf cru tout baveux, sont éblouies par la lumière carressante et chaude du matin du monde, couinent, pépient, se trémoussent, hésitent, tombent dans l'herbe douce et moussue, croient reconnaître leur maman dans une paire de crocs, sont heureuses, se dandinent, gloussent, et sont mangées. Et pis parfois non.

Un dangeureux prédateur sort d'un fourré. Malheureusement pour lui, il est seulement le prédateur pour une unique espèce de fougères -les autres végétaux lui font gonfler la langue des jours durant, et c'est mortellement désagréable. Il a un corps très fin, tout en nerfs et en articulations
 et de longs amas de poils collés qui tombent et balaient le sol. Il est souvent perçu comme un croisement curieux, à défaut d'être pertinent, entre un trombone mal déplié, un lévrier afghan et un saule pleureur. Sa principale activité consiste à avoir les jetons et à actionner toutes ses articulations dans un ordre aléatoire pour fuir vite et de façon dégingandée. D'ailleurs, un de ses principaux problèmes, si on excepte ses rencontres régulières avec des créatures musculeuses, dentues et portées sur la chair fraîche, est sa peur panique des fougères. Il faut dire que des fois y a du vent et ça bouge.
Bref, là il a soif et s'approche fébrilement d'un cours d'eau. Ses yeux affolés, encadrant sa longue gueule, scrutent la végétation alentours faite d'arbres noueux et de lianes sournoises.
Pas de fougères, c'est bon.
Il plie et déplie sa carcasse craintive vers la rivière. Et au moment de dégingander sa gueule au dessus de l'eau, il est soudain submergé par une vague d'intense surprise. Il n'en comprend pas la raison et, les nerfs au taquet, tend sèchement ses muscles, prêt à tricoter à toutes berzingues. Au moment où il s'élance, une main brise la surface de l'eau et agrippe son cou. Elle serre. Il ouvre une gueule implorante, tournicote des yeux, et tire vainement sur ses pattes. La main finit par le lâcher et il file en couinant, percutant deux-trois arbres au passage.
La propriétaire de la main s'extirpe de l'eau et se laisse goutter quelques instants. Une étrange aura émane d'elle, stupéfiant jusqu'à la végétation. Mais quelque chose semble changer, l'attitude de Stupéfaction se durcit et son aura vacille et fluctue. Les plantes s'agitent et s'assombrissent. L'air s'alourdit. Et soudainement, une déflagration sourde et violente se propage, avec Ex-stupéfaction pour épicentre.
Des tas de bestioles s'enfuient à tir d'ailes, de pattes ou d'apendices variés.
Autour d'elle, tout est devenu perceptiblement plus sombre.
L'atmosphère a changé.
Stupéfaction est devenue Colère.

(à suivre, hé!...)
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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 11:44

Intéressons-nous quelques instants au sort de Boris Clo.
Il ouvrit les yeux en trois temps hésitants et mit deux secondes de réflexion intensive pour comprendre qu'il avait la tête dans le broc, au lit. Dans une chambre qui lui était inconnue, faite, semblait-il, de massepain mural, de poutres en sucre d'orge, d'un parquet flottant dans la crème anglaise et d'un individu louche en guise de porte. Celui-ci fit "bonjour" d'une voix suave et sucrée en s'avançant dans la lumière qui, filtrée par le caramel poli de la fenêtre, se refléta avec un "chting!" saisissant sur une dentition comme qui dirait souriante et acérée.
Boris Clo ne paniqua pas car il ne lui venait pas à l'idée qu'une personne souriante puisse lui vouloir autre chose que du bien. Aussi, il est pertinent de préciser que les brocolis sont d'un naturel extrêmement jovial et stupide.

Bonhomme Poilu, Le Coffre, Stupéfaction et La Torche se trouvaient sur un piton rocheux duquel se jetait une cascade niagaresque, plongeant dans une immense vallée verdoyante avec tout un tas de rivières chatoyantes, d'arbres gigantesques, de plantes parfum chlorophylle et de cris d'animaux étranges laissant présager des couleurs somptueuses et des poisons exotiques.
Ils contemplèrent quelques instants le panorama, avec d'autant plus d'attention que le soleil couchant nimbait la vallée d'une épaisse lumière enchanteresse et qu'un groupe de grands oiseaux traversait le ciel au loin avec d'amples et gracieux mouvements d'ailes.
"C'est moi ou on arrête pas de s'arrêter pour scotcher sur des trucs..? sortit d'un coup Bonhomme Poilu en fronçant les sourcils.
-En fait j'y suis un peu pour quelque chose... avoua Stupéfaction. C'est un peu mon boulot."
Bonhomme Poilu la poussa donc dans le vide. Elle longea un temps la cascade en poussant des cris de surprise à grand renfort de mouvements désordonnés des bras, puis une bourrasque la poussa de côté alors qu'elle n'était plus qu'un petit point à peine visible pénétrant dans le nuage d'écume au pied de la cascade.
Elle disparut.
"Bon. Bah, cassons-nous. ordonna Bonhomme Poilu.
-Tu crois qu'on va trouver le brocolis? s'inquiéta Le Coffre, alors que "aiguille" et "botte de foin" lui venaient visiblement à l'esprit.
-J'm'en fous. Mais on va sûrement trouver à becqueter ici. Viens. Et éteints La Torche Ou Un Truc.
-Ouais, j'commence à fatiguer." dit-elle.
Le Coffre appuya sur "off" et elle s'endormit. Il la rangea, ferma sa porte et suivit Bonhomme Poilu le long d'un chemin accidenté descendant sinueusement vers la vallée.
Dans son sommeil, La Torche rêva de nourriture. Mais, chose étrange, elle se retrouva du mauvais côté de la fourchette.

(comme qui dirait à suivre...)

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 13:04
Bonhomme Poilu gratta une allumette. Elle le remercia poliment de l'aider à se débarasser de ses démangaisons et disparut dans la noire obscurité de la sombre grotte en sautillant gauchement.
Bonhomme Poilu alluma une torche ou un truc et les ombres jugèrent de bon ton de fuir dans le calme et la bienséance, laissant le temps à la stupéfaction de choir brutalement sur les deux acolytes anonymes. Ils se relevèrent, s'époussetèrent et admirèrent tous ensemble la somptueuse et humide majesté de la grotte.
Ils restèrent silencieux un moment et s'imprégnèrent de l'ambiance sonore et lumineuse du lieu. Un grondement sourd et lointain emplissait l'espace, accompagné d'éclats de gouttes cristallins qui battaient la mesure. Des solos de froufroutements de petites bêtes craintives s'échappaient de l'obscurité, à la limite du halo lumineux émanant de La Torche Ou Un Truc. Des flaques, résultats de millénaires de goutte-à-goutte, renvoyaient une lumière ondoyante vachement classe sur les paroies.
"C'est beau." dit La Torche.
Ils acquiescèrent tous.
"Tu parles? s'étonna La Stupéfaction après une petite pause.
La Torche Ou Un Truc fit un mouvement qui ressemblait à un haussement d'épaules sans épaule.
-Bin oui.
-Bon, cassons-nous. fit Bonhomme Poilu.
Ils prirent la direction d'une petite porte encastrée au pied d'une paroie. La serrure, hautaine et boursouflée d'une suffisance toute administrative, tenta de les embrouiller avec une soi-disant clé sur une table géante. Ils la défoncèrent à coups de coffre puis la passèrent tant bien que mal.

(suite another day...)
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 17:35

Le bonhomme poilu à la tête ronde aida son coffre à se remettre sur ses petites patounes d'acier trempé (d'acier boueux pour être exact). Ils s'entre-débouèrent promptement et s'avancèrent au-dessus du trou précédemment formé par le représentant de la gente coffrière avec l'espoir mal dissimulé d'y trouver un dîner.
"Youhou, succulent brocolis! Rien de cassé?"
La stupéfaction les rejoignit pour constater que le trou était non seulement vide de tout brocolis mais qu'en plus il donnait sur une sorte de vague grotte souterraine, ce qui est quand même pas mal pour un modeste trou.
"Il va falloir descendre. déduit le bonhomme poilu à la tête ronde.
-Qui ça? se demandèrent le coffre et la stupéfaction.
-Nous. 
-Ah, nous allons falloir descendre, alors.
-File-moi une corde."
Le Coffre s'exécuta.
Il fallut cinq bonnes minutes à Bonhomme Poilu pour le ramener à la vie. Il aurait pu mieux faire ; brandir son attestation d'aptitude aux premiers secours pendant la durée de leur pratique répondait certes à une obligation légale, mais compliquait quelque peu la tâche.
"Bon, file-moi une corde..."
Le Coffre ouvrit sa porte et en sorti une corde...
"...et une torche ou un truc."
...et une torche ou un truc.
La stupéfaction resta en haut pour tenir la corde pendant leur descente.

(suite une autre fois...)

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 11:57
Un brocolis violet se promenait nonchalamment le long d'un paisible cours d'eau, le pas sautillant, sifflotant gaiement d'entraînantes mélopées. Bref, il kiffait la life.
Soudainement, il entendit crier gare :
"Gare!"
Et il se fit écraser par une espèce de cube massif en fonte. Un coffre venait en effet de terminer sa longue chute sur le pauvre Boris Clo en l'encastrant soigneusement dans le sol meuble de la berge.
Un canard  fit coin-coin en ridant l'eau et s'envola d'un battement d'aile agacé.
La porte du coffre, tournée vers le ciel, grinça et s'ouvrit. Un bonhomme poilu à la tête toute ronde s'en extirpa maladroitement et sauta sur le sol en grommelant. Il prit un peu de recul et râla en secouant la tête :
"Bah oui mais aussi pfff...On l'avait dit de faire gaffe, rhaa! Quand on est poli on esquive. Oh! tu m'écoutes? Maintenant mon coffre il est tout abimé, tss.
Une ouverture se dessina sur le coté du coffre et remua.
-Non mais ça va, c'est bon, j'ai rien." dit-il.

(peut-être la suite de ces formidables aventures une prochaine fois...)
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60Watts, A Fair Foot

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